Une réunion sur la masterisation s'est tenue le 18 septembre dernier en présence des organisations étudiantes représentatives et des deux ministères concernés. En voici le compte-rendu.
Présents pour les étudiants : FAGE (Alix Netter et François-Loïc Pichard), UNEF (Thierry Le Cras et Florent Voisin), UNI (Rémi Martial), PDE (Mathieu Bach) et Cé (Sébastien Le Gall et un autre étudiant).
Présents pour les Ministères : le cabinet de L. Chatel (Philippe Gustin, directeur de cabinet, Patrick Allal et M. Bussier, en charge des affaires sociales) et le cabinet de V. Pécresse (Dominique Marchand, adjointe au directeur de cabinet et Carole Moinard, conseillère "vie étudiante").
Ouverture de la réunion à 10h15.
Dominique Marchand remplace Philippe Gilet, directeur de cabinet de Valérie Pécresse, immobilisé à la suite d'un accident.
Dominique Marchand (cabinet Pécresse) : L'objectif dans cette réforme est d'associer les organisations étudiantes.
Un certain nombre de propositions ne sont pas encore finalisées et nous souhaitons connaître, sur des points soumis à révision, quelles réflexions ont les organisations étudiantes.
Ce qui est envisagé est d'avoir des rencontres, avec en ligne de mire, de toute façon, le CNESER qui se verra soumis pour avis le projet de cadrage.
Ce qui s'est déjà passé : un décret a été publié fin juillet puis a été envisagée la mise en place de groupes techniques ayant pour objectif de répondre à des interrogations techniques :
- quelle place pour le concours en M2 ?
- quel contenu pour les stages de sortie en M ?
- quelles maquettes pour les diplômes ?
Il n'y a pas d'organisation syndicale dans les groupes techniques.
UNEF (Thierry Le Cras) :
- Suite à la mobilisation de la communauté universitaire et de l'éducation nationale, il y a eu un report d'un an de la réforme pour permettre des discussions. Il y a des problèmes de méthode et de fond.
- Concernant les décrets, il y a un problème dans le choix en terme de chronologie pour le concours, alors que les discussions sont en cours. Mettre le concours pendant l'année de M2 pose un problème sur l'articulation entre formation et préparation au concours, mais aussi pour la réorientation, ou pour l'insertion professionnelle.
Le schéma qu'on proposait était de mettre l'admissibilité à la fin du M1.
- Sur la régulation des flux, l'admissibilité en fin M1 permet de régler ce problème.
- Sur la question des stages, la circulaire n'est pas parue. Il y a un vrai risque de concurrence entre stage et préparation au concours, avec le risque de détourner les étudiants des stages au profit de la préparation au concours.
Et quelle répartition des étudiants dans les établissements scolaires ?
- Sur la suite des concertations, nous aurions préféré que les questions soient traitées de manière globale pour tous les concours pour éviter des décalages entre les différents concours.
FAGE (François-Loïc Pichard) :
- Concernant la méthodologie, nous n'allons pas trop revenir dessus, même si on peut dire que les organisations étudiantes ont été la dernière roue du carrosse : nous n'avons pas rencontré la commission Marois, ni la commission Filâtre, ni les Ministres, qu'il s'agisse de Valérie Pécresse, Xavier Darcos ou encore Luc Chatel.
- Sur le calendrier, nous aimerions avoir des précisions sur la suite des travaux : après que les groupes d'experts auront rendues leurs conclusions, y aura t-il du temps ensuite pour travailler les points et ne pas trop vite aboutir aux conclusions et arbitrages ministériels ?
La FAGE remet en cause le calendrier proposé car il reproduit celui de l'année dernière avec passage au plus tard en décembre au CNESER et donc peu de temps sera laissé aux universités pour la préparation des maquettes et tout ce qui concerne leur évaluation...
- Sur l'admissibilité en cours de M2, cela est mieux selon nous car les concours ne doivent pas être ce qui régule les flux ; on ne veut pas que ces masters soient une simple prép. concours et que des étudiants sortent en M1 sans diplôme.
Certes, il y a une question à régler en terme de gestion des flux. Pour la FAGE, elle doit intervenir en amont sur l'entrée en master avec un recrutement suite aux stages qui pourront avoir été suivis en L, ou dans le cadre d'une réflexion sur le projet personnel professionnel de l'étudiant réalisé en amont.
- A propos de la réorientation, il est urgent de définir des métiers pour les non admissibles au concours, et un geste fort serait de prévoir des recrutement dans la fonction publique.
- Sur le rôle des IUFM et des universités, il doit être rapidement défini. Il est nécessaire d'avoir ces données pour réorganiser les IUFM qui pourraient s'occuper de tout ce qui est formation pratique, suivi des stages, formation continue... et disposer d'une visibilité.
- Sur le contenu des maquettes, quid de l'articulation entre disciplinaire, pédagogique et didactique ?
Cela semble être un des axes sur lesquels travaillent les différents groupes techniques. On regrette qu'il n'y ait pas de groupe de travail disciplinaire pour permettre la présence, par exemple, des monodisciplinaires concernées, qui ont des choses à apporter.
PDE (Mathieu Bach) : Nous souhaitons revenir sur trois points :
1) Il est urgent d'avancer rapidement. Les étudiants ont besoin de lisibilité pour leur formation. Le timing nous plaît bien.
Nous sommes satisfaits de la séparation des concours, car ce n'est pas le même métier d'enseigner en sciences qu'en maternelle ou lycée.
2) Il est important d'avoir une gestion des flux pour éviter l'échec pour les étudiants.
3) Concernant les stages, il faut faire attention aux terrains.
UNI (Rémi Martial) :
- Pour la méthode, il fallait qu'on avance.
- Les questions qui nous semblent importantes :
1) Il est logique que l'admissibilité se déroule en cours de M2 ou alors complétement au début de M1 (sélection) pour avoir une cohérence du master.
2) Quelle place dans la formation des futurs enseignants pour la connaissance du monde de l'entreprise ?
3) Quel temps de formation consécutif à prise de fonction : meilleur accompagnement qu'aujourd'hui ; il faut voir pour ne pas affecter les jeunes enseignants dans des endroits difficiles...
Cé (Sébastien Le Gall) :
La réforme a fait consensus mais le recrutement des enseignants)chercheurs à bac+5 pose des questions :
- masters permettent-ils une meilleure insertion pro après ?
- le problème de compatibilité entre master et concours.
- les concours et le passage en candidat libre possible.
- le contenu des maquettes avance lequel nous ne sommes pas d'accord (!!!)
- les stages de terrain, les modules de pratiques.
- une année de formation avec la mise en place d'un stage en responsabilité : nous refusons le compagnonnage.
Comment voyez vous l'année de M2 ?
Il y a un manque de concertation flagrant : pourquoi n'a-t-on pas été auditionnés par la commission Marois ?
Carole Moinard (Cabinet Pécresse) à la Cé :
J'aimerais refaire une mise au point. Premièrement, vous faites ce que vous voulez avec vos contributions, nous n'avons jamais rien refusé ! La FAGE avait envoyé sa contribution.
Et sur le manque de concertation, vous exagérez : je déplore que la Cé ne soit pas là aux concertations !
Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
Nous ferons un point d'étape sur les retour des travaux des groupes de travail, mais surtout envoyez vos contributions en ce moment, à l'un ou à l'autre des ministères qui transmettra !
Philippe Gustin (Cabinet Chatel) :
- L'objectif de la réforme est la possibilité de donner aux étudiants qui échouent au concours un diplôme qui leur permette d'avoir une ouverture sur autre chose que l'enseignement.
Aujourd'hui il y a un cadre, avec des points qui méritent d'être clarifiés.
On a voulu des groupes avec un fil rouge permanent entre différents groupes. Il y avait différents découpages possibles, nous avons choisi celui-ci ; mais je ne suis pas d'accord avec ce que PDE a dit comme quoi le métier était différent entre enseigner en maternelle ou enseigner en lycée !
- Sur la place des concours au cours du M2, cela ne présente que des avantages, car les concours peuvent alors être placés à des moments différents selon les types de concours. Par exemple, le professorat des écoles (PE) en début d'année et les certifiés plutôt en fin d'année. Cela permet à ceux qui veulent se présenter à plusieurs concours de le faire.
- Sur les stages, le point crucial est de faire le compte des heures de stages proposées à des étudiants en IUFM actuellement et ceux qui sont proposés à des étudiants dans le cadre de la masterisation.
--pour les stages en amont, les étudiants prennent conscience de ce que c'est qu'une classe ;
--pour les stage en sortie de formation, il y a un soutien pendant la 1ère année d'entrée dans le métier.
- Concernant les concertations, les groupes techniques doivent être nourris des contributions des uns et des autres. Il y a des points d'étapes possibles, mais il faut tenir le calendrier pour justement être lisible.
Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
La page est tournée sur le plan juridique pour pouvoir avancer.
- La composition des groupes a été voulues ainsi car il y a certaines spécificités selon les concours. Il y a aussi une instance de synthèse qui est faite pour avoir une vision globale.
- Sur les réorientations et passerelles : c'est une question majeure qui se pose dans l'enseignement supérieur de manière générale. Nous avons intérêt à travailler ensemble. Si vous avez des remarques à faire, c'est le moment.
Carole Moinard (Cabinet Pécresse) :
Le groupe CAPES est le plus important en terme de composition : les monos de la FAGE peuvent faire passer leurs propositions à ce groupe de travail.
FAGE :
Oui, nous ferons passer le message pour faire des propositions la dessus, et aussi sur les différents métiers ou débouchés imaginables à l'issue de ces masters.
Philippe Gustin (Cabinet Chatel) :
Nous attendons aussi de vous des propositions sur le contenu des maquettes.
UNEF : Sur la mise en oeuvre des stages cette année ?
Philippe Gustin (Cabinet Chatel) :
C'est un vrai souci, il faut l'avouer. On ne veut pas simplifier ou bâcler les choses pour cette génération intermédiaire. Nous avons un audit précis du terrain. Nous allons redonner un mode opératoire : concertations régulières entre différents acteurs (université, rectorat...)
On ne veut pas des gens qui se présentent au concours sans avoir été devant des élèves.
UNEF : Quel est le rôle des recteurs ?
Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
Il faut travailler sur l'organisation que peut avoir les établissements pour que stages s'intègrent le mieux possible dans les IUFM. Nous sommes en train de travailler là dessus.
FAGE :
Concernant le rôle des différents acteurs (universités, IUFM, ...), vous n'avez pas répondu à la question...
Par ailleurs, sur les modèles de maquettes, le "cadrage", permettant d'avoir une homogénéité sur le territoire, est-il prévu de proposer quelque-chose de très concret avec des exemples de maquettes par concours proposant une certaine répartition, comme dans la contribution de la FAGE ? Je pense que c'est ce qu'attendent les responsables d'universités... J'espère que l'on ne va pas découvrir tout ça qu'au CNESER de décembre quand on ne pourra plus influer sur rien !
Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
L'objectif est un équilibre entre cadrage national et autonomie des établissements. Ça peut être proche du plan licence avec un cadre. (Carole Moinard a l'air circonspect...)
FAGE : Nous pensons que l'échange des bonnes pratiques est fondamental. Nous souhaitons que cela soit encouragé. Il doit y avoir des échanges entre universités, entre le national et le local.
Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
Les échanges auront lieu, on ne part pas non plus de rien. Pour votre question sur les acteurs, les IUFM sont des composantes qui ont des compétences et qui doivent avoir des évolutions.
Si votre question sur les IUFM sous-entend un fléchages de moyens, non on est pas dans cette logique là.
FAGE : Non le sous-entendu n'était pas sur les moyens, mais développer le rôle des IUFM dans le formation continue (FC) en le définissant pourrait influer sur ce que l'on souhaite mettre dans la formation initiale (FI). On ne peut pas penser l'un sans l'autre, d'où ma question.
Philippe Gustin (Cabinet Chatel) :
Je suis heureux de vous entendre dire que la formation ne s'arrête pas à l'obtention du diplôme. Il y a la nécessité de FC comme tout autre métier, dans le cadre d'une politique de gestion RH de la part du MEN.
Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
Concluons sur une note rassurante : concernant les inscriptions pour les concours, une circulaire technique à destination recteurs est prévue et dès qu'elle est finalisée on vous l'envoie.
On essaie que tout soit le plus simple possible.
Ceux qui ont passé le concours 2009, pourront le repasser en 2010 et plusieurs concours.
La réunion est levée après un peu plus d'une heure d'échanges.