À nous la fac !

27 04.2009

Les décrets enseignants-chercheurs publiés au journal officiel

Blog / Statut des enseignants-chercheurs Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer

Le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, élément déclencheur de la colère des universitaires début février, a été publié samedi au journal officiel.

Adopté mercredi en Conseil des ministres après avoir été validé la veille par le Conseil d'Etat, ce texte, qui modifie un texte de 1984, doit s'appliquer à la rentrée 2009 pour quelque 57.000 enseignants-chercheurs. Ce texte comporte 44 articles.

Parmi les principales nouveautés, ce décret instaure la possibilité de moduler le temps de travail d'un enseignant-chercheur entre cours, recherche et autres tâches.

Evaluation tous les 4 ans

Il prévoit aussi que les enseignants-chercheurs seront désormais évalués tous les quatre ans par le Conseil national des universités (CNU, composé en totalité de leurs pairs) sur l'ensemble de leurs activités.
Une première version du décret avait déclenché la fronde des enseignants-chercheurs dans les universités début février. Devant la contestation, le Premier ministre, François Fillon, avait dû demander à Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, de réécrire le texte.

Toujours contesté

Cette nouvelle version rencontre toutefois toujours l'opposition d'une partie de la communauté universitaire, dont le Snesup-FSU (premier syndicat de l'enseignement supérieur), ou les collectifs Sauvons l'université et Sauvons la recherche, qui appellent une nouvelle fois à manifester, mardi.

Un autre décret, au JO également, donne au CNU davantage de moyens pour réaliser ses nouvelles missions (évaluation) et instaure des mesures destinées à renforcer la transparence et la déontologie de son fonctionnement.

Des précisions sur les indices

Un troisième décret (abrogeant un ancien décret de 1985) précise les conditions dans lesquelles les maîtres de conférences et professeurs qui viennent d'être recrutés sont classés à l'entrée dans le corps (au moment de la nomination).

Il permet de "reconnaître le doctorat comme une expérience professionnelle car il donne droit à une bonification d'ancienneté de 2 ans", précise le ministère de l'Enseignement supérieur.

Il permet aussi de "reprendre de manière cumulée et de la manière la plus favorable, les activités contractuelles antérieures au recrutement" (allocation de recherche par exemple), a-t-on ajouté. Enfin un nouveau décret sur les contractuels doctorants consacre le doctorat comme une expérience professionnelle, avec un contrat de travail de droit public.

Source : AFP
 

 
27 09.2009

Compte-rendu de la réunion de rentrée sur la « Masterisation »

Blog / Formation des maîtres Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer
Une réunion sur la masterisation s'est tenue le 18 septembre dernier en présence des organisations étudiantes représentatives et des deux ministères concernés. En voici le compte-rendu.

Présents pour les étudiants : FAGE (Alix Netter et François-Loïc Pichard), UNEF (Thierry Le Cras et Florent Voisin), UNI (Rémi Martial), PDE (Mathieu Bach) et (Sébastien Le Gall et un autre étudiant).

Présents pour les Ministères : le cabinet de L. Chatel (Philippe Gustin, directeur de cabinet, Patrick Allal et M. Bussier, en charge des affaires sociales) et le cabinet de V. Pécresse (Dominique Marchand, adjointe au directeur de cabinet et Carole Moinard, conseillère "vie étudiante").

Ouverture de la réunion à 10h15.
Dominique Marchand remplace Philippe Gilet, directeur de cabinet de Valérie Pécresse, immobilisé à la suite d'un accident.

Dominique Marchand (cabinet Pécresse) : L'objectif dans cette réforme est d'associer les organisations étudiantes.
Un certain nombre de propositions ne sont pas encore finalisées et nous souhaitons connaître, sur des points soumis à révision, quelles réflexions ont les organisations étudiantes.
Ce qui est envisagé est d'avoir des rencontres, avec en ligne de mire, de toute façon, le CNESER qui se verra soumis pour avis le projet de cadrage.
Ce qui s'est déjà passé : un décret a été publié fin juillet puis a été envisagée la mise en place de groupes techniques ayant pour objectif de répondre à des interrogations techniques :
- quelle place pour le concours en M2 ?
- quel contenu pour les stages de sortie en M ?
- quelles maquettes pour les diplômes ?
Il n'y a pas d'organisation syndicale dans les groupes techniques.

UNEF (Thierry Le Cras) :
- Suite à la mobilisation de la communauté universitaire et de l'éducation nationale, il y a eu un report d'un an de la réforme pour permettre des discussions. Il y a des problèmes de méthode et de fond.
- Concernant les décrets, il y a un problème dans le choix en terme de chronologie pour le concours, alors que les discussions sont en cours. Mettre le concours pendant l'année de M2 pose un problème sur l'articulation entre formation et préparation au concours, mais aussi pour la réorientation, ou pour l'insertion professionnelle.
Le schéma qu'on proposait était de mettre l'admissibilité à la fin du M1.
- Sur la régulation des flux, l'admissibilité en fin M1 permet de régler ce problème.
- Sur la question des stages, la circulaire n'est pas parue. Il y a un vrai risque de concurrence entre stage et préparation au concours, avec le risque de détourner les étudiants des stages au profit de la préparation au concours.
Et quelle répartition des étudiants dans les établissements scolaires ?
- Sur la suite des concertations, nous aurions préféré que les questions soient traitées de manière globale pour tous les concours pour éviter des décalages entre les différents concours.


FAGE (François-Loïc Pichard) :
- Concernant la méthodologie, nous n'allons pas trop revenir dessus, même si on peut dire que les organisations étudiantes ont été la dernière roue du carrosse : nous n'avons pas rencontré la commission Marois, ni la commission Filâtre, ni les Ministres, qu'il s'agisse de Valérie Pécresse, Xavier Darcos ou encore Luc Chatel.
- Sur le calendrier, nous aimerions avoir des précisions sur la suite des travaux : après que les groupes d'experts auront rendues leurs conclusions, y aura t-il du temps ensuite pour travailler les points et ne pas trop vite aboutir aux conclusions et arbitrages ministériels ?
La FAGE remet en cause le calendrier proposé car il reproduit celui de l'année dernière avec passage au plus tard en décembre au CNESER et donc peu de temps sera laissé aux universités pour la préparation des maquettes et tout ce qui concerne leur évaluation...
- Sur l'admissibilité en cours de M2, cela est mieux selon nous car les concours ne doivent pas être ce qui régule les flux ; on ne veut pas que ces masters soient une simple prép. concours et que des étudiants sortent en M1 sans diplôme.
Certes, il y a une question à régler en terme de gestion des flux. Pour la FAGE, elle doit intervenir en amont sur l'entrée en master avec un recrutement suite aux stages qui pourront avoir été suivis en L, ou dans le cadre d'une réflexion sur le projet personnel professionnel de l'étudiant réalisé en amont.
- A propos de la réorientation, il est urgent de définir des métiers pour les non admissibles au concours, et un geste fort serait de prévoir des recrutement dans la fonction publique.
- Sur le rôle des IUFM et des universités, il doit être rapidement défini. Il est nécessaire d'avoir ces données pour réorganiser les IUFM qui pourraient s'occuper de tout ce qui est formation pratique, suivi des stages, formation continue... et disposer d'une visibilité.
- Sur le contenu des maquettes, quid de l'articulation entre disciplinaire, pédagogique et didactique ?
Cela semble être un des axes sur lesquels travaillent les différents groupes techniques. On regrette qu'il n'y ait pas de groupe de travail disciplinaire pour permettre la présence, par exemple, des monodisciplinaires concernées, qui ont des choses à apporter.

PDE (Mathieu Bach) : Nous souhaitons revenir sur trois points :
1) Il est urgent d'avancer rapidement. Les étudiants ont besoin de lisibilité pour leur formation. Le timing nous plaît bien.
Nous sommes satisfaits de la séparation des concours, car ce n'est pas le même métier d'enseigner en sciences qu'en maternelle ou lycée.
2) Il est important d'avoir une gestion des flux pour éviter l'échec pour les étudiants.
3) Concernant les stages, il faut faire attention aux terrains.

UNI (Rémi Martial) :
- Pour la méthode, il fallait qu'on avance.
- Les questions qui nous semblent importantes :
1) Il est logique que l'admissibilité se déroule en cours de M2 ou alors complétement au début de M1 (sélection) pour avoir une cohérence du master.
2) Quelle place dans la formation des futurs enseignants pour la connaissance du monde de l'entreprise ?
3) Quel temps de formation consécutif à prise de fonction : meilleur accompagnement qu'aujourd'hui ; il faut voir pour ne pas affecter les jeunes enseignants dans des endroits difficiles...

(Sébastien Le Gall) :
La réforme a fait consensus mais le recrutement des enseignants)chercheurs à bac+5 pose des questions :
- masters permettent-ils une meilleure insertion pro après ?
- le problème de compatibilité entre master et concours.
- les concours et le passage en candidat libre possible.
- le contenu des maquettes avance lequel nous ne sommes pas d'accord (!!!)
- les stages de terrain, les modules de pratiques.
- une année de formation avec la mise en place d'un stage en responsabilité : nous refusons le compagnonnage.
Comment voyez vous l'année de M2 ?
Il y a un manque de concertation flagrant : pourquoi n'a-t-on pas été auditionnés par la commission Marois ?

Carole Moinard (Cabinet Pécresse) à la Cé :
J'aimerais refaire une mise au point. Premièrement, vous faites ce que vous voulez avec vos contributions, nous n'avons jamais rien refusé ! La FAGE avait envoyé sa contribution.
Et sur le manque de concertation, vous exagérez : je déplore que la Cé ne soit pas là aux concertations !

Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
Nous ferons un point d'étape sur les retour des travaux des groupes de travail, mais surtout envoyez vos contributions en ce moment, à l'un ou à l'autre des ministères qui transmettra !

Philippe Gustin (Cabinet Chatel) :
- L'objectif de la réforme est la possibilité de donner aux étudiants qui échouent au concours un diplôme qui leur permette d'avoir une ouverture sur autre chose que l'enseignement.
Aujourd'hui il y a un cadre, avec des points qui méritent d'être clarifiés.
On a voulu des groupes avec un fil rouge permanent entre différents groupes. Il y avait différents découpages possibles, nous avons choisi celui-ci ; mais je ne suis pas d'accord avec ce que PDE a dit comme quoi le métier était différent entre enseigner en maternelle ou enseigner en lycée !
- Sur la place des concours au cours du M2, cela ne présente que des avantages, car les concours peuvent alors être placés à des moments différents selon les types de concours. Par exemple, le professorat des écoles (PE) en début d'année et les certifiés plutôt en fin d'année. Cela permet à ceux qui veulent se présenter à plusieurs concours de le faire.
- Sur les stages, le point crucial est de faire le compte des heures de stages proposées à des étudiants en IUFM actuellement et ceux qui sont proposés à des étudiants dans le cadre de la masterisation.
--pour les stages en amont, les étudiants prennent conscience de ce que c'est qu'une classe ;
--pour les stage en sortie de formation, il y a un soutien pendant la 1ère année d'entrée dans le métier.
- Concernant les concertations, les groupes techniques doivent être nourris des contributions des uns et des autres. Il y a des points d'étapes possibles, mais il faut tenir le calendrier pour justement être lisible.

Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
La page est  tournée sur le plan juridique pour pouvoir avancer.
- La composition des groupes a été voulues ainsi car il y a certaines spécificités selon les concours. Il y a aussi une instance de synthèse qui est faite pour avoir une vision globale.
- Sur les réorientations et passerelles : c'est une question majeure qui se pose dans l'enseignement supérieur de manière générale. Nous avons intérêt à travailler ensemble. Si vous avez des remarques à faire, c'est le moment.

Carole Moinard (Cabinet Pécresse) :
Le groupe CAPES est le plus important en terme de composition : les monos de la FAGE peuvent faire passer leurs propositions à ce groupe de travail.

FAGE :
Oui, nous ferons passer le message pour faire des propositions la dessus, et aussi sur les différents métiers ou débouchés imaginables à l'issue de ces masters.

Philippe Gustin (Cabinet Chatel) :
Nous attendons aussi de vous des propositions sur le contenu des maquettes.

UNEF : Sur la mise en oeuvre des stages cette année ?

Philippe Gustin (Cabinet Chatel) :
C'est un vrai souci, il faut l'avouer. On ne veut pas simplifier ou bâcler les choses pour cette génération intermédiaire. Nous avons un audit précis du terrain. Nous allons redonner un mode opératoire : concertations régulières entre différents acteurs (université, rectorat...)
On ne veut pas des gens qui se présentent au concours sans avoir été devant des élèves.

UNEF : Quel est le rôle des recteurs ?

Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
Il faut travailler sur l'organisation que peut avoir les établissements pour que stages s'intègrent le mieux possible dans les IUFM. Nous sommes en train de travailler là dessus.

FAGE :
Concernant le rôle des différents acteurs (universités, IUFM, ...), vous n'avez pas répondu à la question...
Par ailleurs, sur les modèles de maquettes, le "cadrage", permettant d'avoir une homogénéité sur le territoire, est-il prévu de proposer quelque-chose de très concret avec des exemples de maquettes par concours proposant une certaine répartition, comme dans la contribution de la FAGE ? Je pense que c'est ce qu'attendent les responsables d'universités... J'espère que l'on ne va pas découvrir tout ça qu'au CNESER de décembre quand on ne pourra plus influer sur rien !

Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
L'objectif est un équilibre entre cadrage national et autonomie des établissements. Ça peut être proche du plan licence avec un cadre. (Carole Moinard a l'air circonspect...)

FAGE : Nous pensons que l'échange des bonnes pratiques est fondamental. Nous souhaitons que cela soit encouragé. Il doit y avoir des échanges entre universités, entre le national et le local.

Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
Les échanges auront lieu, on ne part pas non plus de rien.  Pour votre question sur les acteurs, les IUFM sont des composantes qui ont des compétences et qui doivent avoir des évolutions.
Si votre question sur les IUFM sous-entend un fléchages de moyens, non on est pas dans cette logique là.

FAGE : Non le sous-entendu n'était pas sur les moyens, mais développer le rôle des IUFM dans le formation continue (FC) en le définissant pourrait influer sur ce que l'on souhaite mettre dans la formation initiale (FI). On ne peut pas penser l'un sans l'autre, d'où ma question.

Philippe Gustin (Cabinet Chatel) :
Je suis heureux de vous entendre dire que la formation ne s'arrête pas à l'obtention du diplôme. Il y a la nécessité de FC comme tout autre métier, dans le cadre d'une politique de gestion RH de la part du MEN.

Dominique Marchand (cabinet Pécresse) :
Concluons sur une note rassurante : concernant les inscriptions pour les concours, une circulaire technique à destination recteurs est prévue et dès qu'elle est finalisée on vous l'envoie.
On essaie que tout soit le plus simple possible.
Ceux qui ont passé le concours 2009, pourront le repasser en 2010 et plusieurs concours.

La réunion est levée après un peu plus d'une heure d'échanges.
 
25 04.2009

Statut des enseignants : projets adoptés en conseil des ministres

Blog / Statut des enseignants-chercheurs Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer
Valérie Pécresse a présenté lors conseil des ministres du 22 avril 2009 trois décrets relatifs aux enseignants-chercheurs qui ont été adoptés.

1) Décret sur le statut proprement dit des enseignants-chercheurs

Ce décret a été validé le 21 avril dernier par le Conseil d'État et il modifie le décret du 6 juin 1984 qui fixe les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences et portant diverses dispositions relatives aux enseignants-chercheurs. La publication du décret au Journal officiel sera accompagnée d'une circulaire. Ce décret est « parfaitement conforme aux attentes de la communauté universitaire » et « il existe un accord parfait avec la CPU  » à ce sujet, affirme François Fillon.

Ce « nouveau décret statutaire fait suite à une concertation approfondie. Il permet d'assouplir et de moderniser le fonctionnement de l'université, dans le double intérêt du service public et des universitaires, tout en consacrant les garanties reconnues aux enseignants-chercheurs », précise le communiqué de presse su ministère. « Le décret réaffirme ainsi la double mission d'enseignement et de recherche des universitaires, ainsi que les principes d'indépendance et de libre expression nécessaires à l'exercice de ces missions. » Ce décret permet une modulation de la répartition du service de l'universitaire entre les différentes activités selon des décisions prises en accord avec l'intéressé et après avis motivé des directeurs de l'unité de recherche et de la composante de rattachement.

Ce décret accélère par ailleurs les carrières des enseignants-chercheurs, apporte également des garanties en termes de transparence au sujet des promotions et de la politique indemnitaire.

Rappelons que ce projet de décret a été adopté par 17 voix pour et 5 abstentions par le CTPU le 25 mars dernier. Le SGEN-CFDT et Sup'Recherche-UNSA se sont abstenus, AutonomeSup (FNSAESR-CSEN) a voté pour, ainsi que les représentants de l'administration. Le SNESUP-FSU et le SNPREES-FO étaient partis au moment du vote.

Principales modifications du projet de décret statutaire des enseignants-chercheurs adoptées à l'issue du CTPU :

Article 2. Un alinéa supplémentaire précise que la mutation des enseignants-chercheurs ne peut se faire que sur leur demande.
Article 4. Un nouvel alinéa précise que tout enseignant-chercheur doit avoir la possibilité de rejoindre une équipe de recherche, le cas échéant dans un établissement autre que son établissement d'affectation.
Article 5. Il est ajouté la précision suivante : « lorsqu'ils accomplissent des enseignements complémentaires au-delà des 128 heures de cours ou 192 heures de TD ou TP ou toute combinaison équivalente, les enseignants-chercheurs perçoivent une rémunération complémentaire dans les conditions prévues par le décret […] relatif aux indemnités pour enseignements complémentaires institués dans les établissements publics à caractère scientifique et culturel et les autres établissements d'enseignement supérieur relevant du ministère de l'Éducation nationale. »
Article 14. Il précise qu'un congé pour recherches ou conversions thématiques de 6 mois peut être accordé après un congé maternité ou un congé parental, à la demande de l'enseignant-chercheur. Ces CRCT peuvent être accordés par les sections du CNU dans certaines limites, par le président de l’université (après avis du CS)
Article 19. Il précise que parmi les enseignants-chercheurs qui pourront se voir attribuer, de manière prioritaire, un CRCT se trouvent ceux qui se sont investis dans des enseignements nouveaux ou pédagogies innovantes.
Articles 22 et 33. La proportion de promotions accordée par le CNU et celle accordée par les universités est directement précisé dans le décret (était au départ dans l’arrêté) : « L'avancement a lieu, pour moitié, sur proposition de la section compétente du CNU […] et pour moitié sur proposition du CA dans la limite des promotions offertes par l'établissement, toutes disciplines confondues. »
Article 25. Un nouvel article est créé sur les modalités de détachement et d'intégration des enseignants-chercheurs. L'intégration, qui était prononcée par arrêté du ministre chargé de l'Enseignement supérieur, sera désormais prononcée par arrêté du président ou du directeur d'établissement après avis du CS.

2) Décret sur le CNU

Un deuxième décret modifie le décret du 16 janvier 1992 relatif au CNU. Il ajoute aux missions du CNU l'évaluation régulière, tous les quatre ans, de tous les enseignants-chercheurs. Il accroît les garanties présentées par cette institution, en termes de déontologie et d'impartialité. Ce projet de décret a aussi été adopté par le CTPU.

Modifications apportées au projet de décret réformant le CNU :

Article 2. Alinéa modifié : pour chaque section, les critères et les modalités d'appréciation des candidatures, d'évaluation des enseignants-chercheurs et de formulation des avis sur leurs activités sont publics, ainsi que le rapport annuel rendant compte de chacune de ces activités.
Article 5. Il précise que le membre du CNU qui ne peut siéger du fait de l'examen de sa situation personnelle est remplacé par son suppléant, pour les réunions concernant celle-ci et non plus à l'ensemble des réunions de l'année en cours concernant les promotions.
Article 6. Il précise que le dossier de candidature doit être réalisé par les candidats aux fonctions de membre titulaire, mais aussi par les candidats aux fonctions de membre suppléant.
Article 11. Il indique que le nombre d'assesseurs au sein du bureau de chaque section est fixé en fonction de la taille de la section.
Article 14. Un ajout précise que lorsque les sections l'estiment nécessaires, elles peuvent recourir à l'expertise de rapporteurs extérieurs pour l'examen des dossiers relatifs à la qualification, aux avancements et à l'évaluation. Ces rapporteurs peuvent être choisis parmi les membres suppléants de la section.
Article 12. Une précision est faite à propos de la commission permanente. Elle élabore désormais un règlement intérieur, définit les orientations propres à garantir la qualité, la transparence et la publicité des procédures de qualification, d'évaluation et de promotion des enseignants-chercheurs. En outre, elle veille à favoriser les échanges entre les différents champs disciplinaires.

3) Décret classement

Un troisième décret porte sur les règles de classement des personnes nommées dans les corps d'enseignants-chercheurs des établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur. Il modifie les modalités du classement à l'entrée dans les corps des maîtres de conférences et des professeurs. Il améliore de façon significative la prise en compte, lors de ce classement, des activités antérieures au recrutement. Sont ainsi retenues, selon des modalités adaptées aux différentes situations, les recherches effectuées aussi bien pour préparer le doctorat qu'après son obtention. Au total, la rémunération des jeunes maîtres de conférences sera augmentée de 12 à 25 % dès septembre 2009, afin d'accroître l'attractivité de leurs fonctions.

Deux organisations continuent à s’opposer sur le nouveau projet de décret :

Pour le SNESUP-FSU, « le premier ministre, maniant contre-vérités et approximations à son avantage, tente de minorer l'ampleur de la contestation de la communauté universitaire. […] Il prend le risque de passer en force en présentant, au cœur de la période de congés de printemps, le projet de décret enseignant-chercheur en conseil des ministres. » Le syndicat déplore que la dernière version de ce projet comporte toujours la possible modulation des services décriée par les collègues et ironise sur le fait qu’une circulaire du ministère semble nécessaire pour clarifier certains points ! Le SNESUP-FSU appelle à participer aux manifestations du 28 avril et du 1er mai.

Pour le collectif « Sauvons l’université », il s’agit d’un passage en force: « le mouvement des universitaires n'est pas minoritaire, le décret sur le statut des enseignants-chercheurs ne leur confère pas davantage de liberté et non, la masterisation ne permet pas d'élever le niveau de recrutement des enseignants et les moyens accordés aux universités ne sont pas, dans la plupart des cas, en augmentation ». SLU appelle à maintenir le mouvement.
 
   
06 05.2009

La contestation se concentre sur une vingtaine de sites

Blog / Mobilisations Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer
La contestation universitaire, entrée dans sa quatorzième semaine, se concentrait toujours sur une vingtaine de sites mardi, avec sur certains campus des blocages qui menacent la bonne tenue des examens et a déjà conduit à reporter certains d'entre-eux.

Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, le mouvement se concentre toujours sur 18 à 20 universités sur 85 avec "des perturbations très variées d'un site à l'autre". Sur la totalité des universités touchées lors du mouvement entamé le 2 février, une trentaine a "déjà commencé des rattrapages", et une vingtaine "décalé les examens de quelques semaines".

Au cabinet de la ministre, on assurait mardi que le ministère "fait tout pour accompagner les étudiants dans leur rattrapage". Par ailleurs, compte tenu de l'allongement du calendrier, "des consignes ont été données aux CROUS (Centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires) pour regarder la situation des étudiants qui auraient des problèmes de logement".

"Nous serons intransigeants: pas de diplômes bradés, pas de diplômes sans rattrapage", a réaffirmé la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse. Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, elle a appelé une nouvelle fois à la reprise des cours, souhaitée selon elle par "de plus en plus d'enseignants-chercheurs et une très grande majorité d'étudiants". Pour la ministre, "les motifs politiques ne doivent pas l'emporter dans certaines universités sur les motifs universitaires".

Réunie en assemblée générale le 29 avril dernier, la Coordination nationale des universités a appelé à "ne pas organiser les examens" jusqu'à ce que les revendications du mouvement soient satisfaites, un mot d'ordre jugé "irresponsable" par Valérie Pécresse et qui a provoqué un malaise jusque dans les rangs des principales organisations à l'origine de la mobilisation.

"Le SNESUP fait partie de la coordination mais les mots d'ordre de la coordination ne sont pas forcément ceux du SNESUP", a ainsi déclaré l'un des porte-parole du principal syndicat de l'Enseignement supérieur, Thierry Astruc, interrogé par l'Associated Press. Pour le reste, le syndicat "fait confiance aux collègues pour que les étudiants ne soient pas lésés".

Selon la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), engagée un temps dans le mouvement et qui a pris ses distances depuis la reprise des discussions avec Mme Pécresse début mars, "une vingtaine de sites restent bloqués".

Selon le vice-président de cette fédération, François-Loïc Pichard, les universités de Rennes-II, Bordeaux-III -où le président menace d'une fermeture administrative- Lyon-II et Montpellier sont particulièrement concernées.

"Il y a maintenant un gros souci, c'est la menace qui pèse sur les examens", a déclaré M. Pichard à l'AP. "Nous, nous n'avons appelé qu'une fois à manifester, lorsque tout le monde universitaire était dans la rue. Mais maintenant, c'est à chacun de prendre ses responsabilités car les négociations et les concertations ont repris avec le ministère", a-t-il ajouté.

La FAGE dénonce des "blocages idéologiques", venant d'une "minorité qui ne connaît pas les textes en discussion et leur complexité". "Nous souhaitons que les examens puissent se tenir. Quant aux blocages, ils ne peuvent se poursuivre que s'ils sont décidés démocratiquement, ce qui ne semble pas être le cas", précise François-Loïc Pichard.

"L'urgence, elle est (de) trouver une sortie de crise à cette situation qui dure depuis effectivement quatorze semaines, trop longtemps à l'université", a pour sa part déclaré le président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) Jean-Baptiste Prévost, mardi sur France-Info.

Le président de l'UNEF reconnaît des "reculs importants" du gouvernement comme la réécriture complète du décret sur les enseignants-chercheurs, le gel des suppressions de postes à l'université en 2009 et 2010 et le report de la réforme de la formation des maîtres.

"Ces reculs sont importants, mais le gouvernement a adopté une stratégie qui a consisté à limiter au maximum le coup politique de chacune de ces concessions et à les faire sous la table sans que ça se sache", entretenant ainsi la "confusion" dénonce M. Prévost. Le gouvernement a en effet lâché du lest petit à petit de semaine en semaine, annonçant ses décisions par voie de communiqué en fin d'après-midi la veille d'un week-end, ou encore en soirée en pleine publication de la hausse du chômage par le Pôle emploi en février dernier.

Source : AP
 
09 05.2009

Déblocage de l'université de Caen ce vendredi matin

Blog / En direct des régions ! Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer
Par Romain de Caen

Vendredi matin l’université de Caen a été débloquée par les forces de l’ordre après une soirée organisée dans les bâtiments par nos amis bloqueurs. Voici un petit résumé des évènements de cette nuit-là qui, je pense, fera sourire pas mal de monde :

- 21h : début d’une soirée organisée par les bloqueurs dans les bâtiments universitaire pour fêter « la victoire face aux fascistes de droit » (le blocage du bâtiment droit a était effectif hier soir). Environ 150 personnes étaient réunies dans un amphi. L’équipe de direction a directement était averti de la gravité de la situation

- Aux environs de minuit : des allées et venues de plus en plus fréquentes et nombreuses avec circulation et consommation d’alcool et de stupéfiants, et la présence de plusieurs chiens dont un chien d’attaque (pitbull)

- A 4h : le déclenchement d’un détecteur de fumée (dans une salle servant de fumoir), des dégradations à la peinture sur l’ensemble du couloir du rez-de-chaussée du bâtiment sciences C près de l’amphi Dumont d’Urville et une tentative d’intrusion dans le bâtiment Lettres vide et fermé depuis l’avant-veille (suite aux altercations avec les CRS).
 

- A 5h 50, une intrusion dans une salle de TP de biologie et des produits non identifiés répandus sur le sol et sur les tables d’expérience. Cette salle contenant des produits chimiques inflammables communique avec une réserve de produits et deux salles équipées de microscopes et autres matériels couteux. Des dégâts causés à la porte attestent d’une effraction. Ne restaient plus alors dans le bâtiment sciences qu’une quarantaine de personnes, dont l’une, nue et écroulée sur un lavabo, ainsi que des chiens.

- A 6h soit 9h après avoir était avertie de la situation, la présidente, compte-tenu des risques relatifs à l’accès à des produits chimiques dangereux, particulièrement par des personnes en état d’ébriété, a décidé de faire évacuer les locaux par les forces de l’ordre. L’évacuation, effectuée par une dizaine de policiers en uniforme, s’est déroulée devant témoins sans aucune violence physique ou verbale de part et d’autre. Une équipe de pompiers spécialistes des produits chimiques est également intervenue pour sécuriser la salle de TP.
 
Au final, 21 personnes ont été interpellées, dont 14 placées en cellule de dégrisement. Parmi ces personnes, un tiers environ sont des étudiants. D’après les pompiers qui se sont rendus dans les bâtiments, l’amphi dans lequel s’est déroulé les festivités était jonché d’immondices, de seringues, bouteilles vides, reliefs de repas, bombes à peintures, matelas, poubelles, bidons d’essences, palettes et 3 cocktails Molotov… Le couloir dans lequel se trouve la salle de TP ouverte et les portes d’ascenseurs sont couverts de peinture. La présidente de l’université a porté plainte pour intrusion avec effraction dans un local sensible et dégradation de biens publics.

- A 7h, Les personnes présentes dans le bâtiment Droit l’ont quitté sans intervention policière de peur d’être les suivants.

Tous les bâtiments occupés sur le campus 1 ont donc été évacués et font l’objet d’une surveillance policière 24h sur 24.