Mobilisations

06 05.2009

La contestation se concentre sur une vingtaine de sites

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La contestation universitaire, entrée dans sa quatorzième semaine, se concentrait toujours sur une vingtaine de sites mardi, avec sur certains campus des blocages qui menacent la bonne tenue des examens et a déjà conduit à reporter certains d'entre-eux.

Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, le mouvement se concentre toujours sur 18 à 20 universités sur 85 avec "des perturbations très variées d'un site à l'autre". Sur la totalité des universités touchées lors du mouvement entamé le 2 février, une trentaine a "déjà commencé des rattrapages", et une vingtaine "décalé les examens de quelques semaines".

Au cabinet de la ministre, on assurait mardi que le ministère "fait tout pour accompagner les étudiants dans leur rattrapage". Par ailleurs, compte tenu de l'allongement du calendrier, "des consignes ont été données aux CROUS (Centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires) pour regarder la situation des étudiants qui auraient des problèmes de logement".

"Nous serons intransigeants: pas de diplômes bradés, pas de diplômes sans rattrapage", a réaffirmé la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse. Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, elle a appelé une nouvelle fois à la reprise des cours, souhaitée selon elle par "de plus en plus d'enseignants-chercheurs et une très grande majorité d'étudiants". Pour la ministre, "les motifs politiques ne doivent pas l'emporter dans certaines universités sur les motifs universitaires".

Réunie en assemblée générale le 29 avril dernier, la Coordination nationale des universités a appelé à "ne pas organiser les examens" jusqu'à ce que les revendications du mouvement soient satisfaites, un mot d'ordre jugé "irresponsable" par Valérie Pécresse et qui a provoqué un malaise jusque dans les rangs des principales organisations à l'origine de la mobilisation.

"Le SNESUP fait partie de la coordination mais les mots d'ordre de la coordination ne sont pas forcément ceux du SNESUP", a ainsi déclaré l'un des porte-parole du principal syndicat de l'Enseignement supérieur, Thierry Astruc, interrogé par l'Associated Press. Pour le reste, le syndicat "fait confiance aux collègues pour que les étudiants ne soient pas lésés".

Selon la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), engagée un temps dans le mouvement et qui a pris ses distances depuis la reprise des discussions avec Mme Pécresse début mars, "une vingtaine de sites restent bloqués".

Selon le vice-président de cette fédération, François-Loïc Pichard, les universités de Rennes-II, Bordeaux-III -où le président menace d'une fermeture administrative- Lyon-II et Montpellier sont particulièrement concernées.

"Il y a maintenant un gros souci, c'est la menace qui pèse sur les examens", a déclaré M. Pichard à l'AP. "Nous, nous n'avons appelé qu'une fois à manifester, lorsque tout le monde universitaire était dans la rue. Mais maintenant, c'est à chacun de prendre ses responsabilités car les négociations et les concertations ont repris avec le ministère", a-t-il ajouté.

La FAGE dénonce des "blocages idéologiques", venant d'une "minorité qui ne connaît pas les textes en discussion et leur complexité". "Nous souhaitons que les examens puissent se tenir. Quant aux blocages, ils ne peuvent se poursuivre que s'ils sont décidés démocratiquement, ce qui ne semble pas être le cas", précise François-Loïc Pichard.

"L'urgence, elle est (de) trouver une sortie de crise à cette situation qui dure depuis effectivement quatorze semaines, trop longtemps à l'université", a pour sa part déclaré le président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) Jean-Baptiste Prévost, mardi sur France-Info.

Le président de l'UNEF reconnaît des "reculs importants" du gouvernement comme la réécriture complète du décret sur les enseignants-chercheurs, le gel des suppressions de postes à l'université en 2009 et 2010 et le report de la réforme de la formation des maîtres.

"Ces reculs sont importants, mais le gouvernement a adopté une stratégie qui a consisté à limiter au maximum le coup politique de chacune de ces concessions et à les faire sous la table sans que ça se sache", entretenant ainsi la "confusion" dénonce M. Prévost. Le gouvernement a en effet lâché du lest petit à petit de semaine en semaine, annonçant ses décisions par voie de communiqué en fin d'après-midi la veille d'un week-end, ou encore en soirée en pleine publication de la hausse du chômage par le Pôle emploi en février dernier.

Source : AP
 
30 04.2009

« Les examens se tiendront » assure Valérie Pécresse

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"Les examens se tiendront dans de bonnes conditions", a assuré jeudi la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, jugeant "contraire aux valeurs universitaires de prendre les étudiants en otage".

Alors que la Coordination nationale des universités (CNU) a appelé à ne pas organiser d'examens jusqu'à la satisfaction de ses revendications, Valérie Pécresse a affirmé sur France 2 qu'elle "mettrait tout en oeuvre pour que les rattrapages aient lieu".

"Ce que dit cette Coordination, c'est radicalement contraire aux valeurs de l'université, et c'est irresponsable", a considéré la ministre de l'Enseignement supérieur.

"Dans sa déclaration, la Coordination ne reflète pas la majorité de la communauté universitaire", dont le sentiment est que "s'il y a des désaccords avec le gouvernement, ils doivent se régler par le dialogue et par la négociation", a-t-elle souligné. "Prendre les étudiants en otage, c'est radicalement contraire aux valeurs universitaires".

"C'est de la responsabilité éminente des présidents d'université, des équipes dirigeantes des doyens (...) d'organiser les examens et s'il y a des défections, ils peuvent avoir recours à d'autres enseignants", a précisé Mme Pécresse. "Ceux qui ne le font pas, cela s'apparente à du service non fait (...) et c'est requalifié en fait de grève" avec "retenues sur salaire possibles".

"Il est absolument inconcevable quand on est universitaire de refuser de faire passer les examens à ses étudiants", a conclu Valérie Pécresse.

Source : AP

 

 
29 04.2009

La Coordination des universités appelle à ne pas organiser les examens

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La Coordination nationale des universités, réunie mercredi à l'université Paris IV, a appelé les enseignants-chercheurs et les personnels administratifs "à ne pas organiser la tenue des examens jusqu'à la satisfaction de ses revendications", a annoncé à l'AFP une porte-parole.

"La CNU appelle les enseignants-chercheurs et les personnels administratifs à ne pas organiser la tenue des examens jusqu'à la satisfaction de ses revendications", a déclaré à l'AFP Sarah Hatchuel, professeur d'anglais à l'université du Havre et l'une des porte-parole de la CNU.

Cet appel a été voté par les représentants de 73 établissements (universités et instituts) réunis pour la neuvième fois depuis le début du conflit le 2 février.

"C'est bien dommage d'en arriver là, ça fend le coeur d'avoir à voter une telle motion, mais on en arrive à un point où on doit appeler à la non tenue des examens. La balle est dans le camp des deux ministres maintenant", a ajouté Mme Hatchuel, faisant référence à Xavier Darcos (Education) et Valérie Pécresse (Enseignement supérieur et Recherche).

"Si les ministres tiennent à ce que les étudiants retournent en cours, alors qu'ils écoutent enfin la communauté universitaire", a-t-elle poursuivi.

Dans sa plateforme de revendications, la Coordination demande entre autres le "retrait du projet de réforme de la formation des enseignants des premier et second degrés", et "le retrait du décret sur le staut des enseignants-chercheurs" publié au Journal officiel samedi dernier.

Elle demande aussi "le rétablissement des postes supprimés en 2009" dans l'enseignement supérieur et la recherche ou encore "l'arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche" tels que le CNRS.
 
Entre 4.500 (police) et 15.500 (organisateurs) ont manifesté dans neuf grandes villes de France, mardi, une participation qui a confirmé l'essoufflement observé lors de la précédente journée, le 8 avril.

Les journées du 10 février et du l9 mars avaient réuni jusqu'à 100.000 personnes selon les organisateurs (43.000 selon la police le 10 février, pas de chiffre pour le 19 mars).

Le 1er mai, les universitaires sont appelés à se joindre aux cortèges organisés, une fois n'est pas coutume de façon unitaire, par l'ensemble des syndicats.

La prise de position de la Coordination place quoi qu'il en soit un nouveau point d'interrogation sur les conditions d'achèvement de l'année universitaire. Mercredi, cette même coordination qui a voté "la poursuite de la grève dans les universités et les laboratoires", avait fait savoir qu'"à ce jour, 49 universités (sur 83 au total, ndlr) retiennent les notes du premier semestre; 51 universités sont en grève totale ou partielle; 44 universités sont bloquées; 14 universités ont appelé au boycott des jurys de baccalauréat" où siègent des professeurs d'université.

Après la publication samedi au Journal Officiel du décret réformant le statut des enseignants chercheurs - un "passage en force" selon les opposants - Valérie Pécresse avait lancé dimanche un nouvel appel à la reprise des cours, dénonçant "les violences dans les universités".

A l'approche des examens, les appels à la reprise des cours se sont de fait multipliés, émanant de la Sgen-CFDT (enseignants) ou d'organisations étudiantes européennes, l'European Students? Union (dont la Fage) et l'European Democrat Student (dont fait partie l'Uni).
 
Source : AFP
 
   
29 04.2009

Une vingtaine de personnes occupe le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

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En direct du Ministère pour un groupe de travail du comité de suivi master sur la double compétence, nous pouvons vous informer de l'occupation de la cour du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche par une vingtaine de personnes de la coordination nationale des universités qui on déployé une banderole indiquant "Sauvons la recherche et l'université !"

Leur revendication ? Qu'une délégation de la coordination nationale des universités, qui se tient aujourd'hui à la Sorbonne, soit reçue.

François-Loïc PICHARD

 
10 04.2009

Le point après 10 semaines de mobilisations

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Fin de la 10ème semaine de mobilisations dans nos universités : un bilan à Lille, Reims, Strasbourg, Saint-Etienne et Orléans

A l'université de Lille II, les cours ont repris aujourd'hui suite à un vote consultatif des étudiant auquel ont participé plus de 30% d'entre-eux : 1 044 étudiants ont répondu "oui à la reprise des cours", 666 étudiants ont répondu « non », 54 votes étant déclarés blancs ou nuls. Les examens ont été décalés pour permettre de boucler le programme et "finir le semestre correctement".

A Lille III, le CA de l'université « réprouve l'attitude du gouvernement qui reste sourd à la mobilisation légitime de la communauté universitaire » mais « appelle » cette dernière « à rester mobilisée sous des formes autres qu'un blocage » (site de l'université). Pour l'heure, aucun report des examens n'est envisagé.

A Reims, la fermeture administrative "pour raisons de sécurité" est maintenue au moins ce week-end sur le Campus de Croix-Rouge.

A Strasbourg, le CEVU qui devait se tenir hier a été bloqué par le comité de lutte suite à l'envahissement de la salle du collège doctoral européen, en remettant en cause la consultation des étudiants par voie électronique (plus de 73% des votants s'étaient opposés au blocage). Le comité critique - entre autres - un vote dont l'anonymat peut être remis en cause et qui a pu être trafiqué car s'effectuant via l'ENT. Le Portique, le Patio, le Platane et le site maths-infos restent bloqués et une AG est prévue mardi prochain.

A Saint-Etienne, la presse rapporte une plainte posée suite à l'intrusion de quelques dizaines d'étudiants au sein de la présidence de l'université durant laquelle des documents auraient été jetés par les fenêtres.

Enfin, à Orléans, les UFR Lettre et Sciences restent bloquées et là aussi, plus de 70% des personneles et étudiants interrogés souhaitent voir la reprise des cours. Le résultat de ce vote a été acté par un courrier de la présidence pour une reprise des cours des mardi prochain. Toutefois, des AG se sont tenues en parallèle et souhaitent poursuivre le blocage.

Rendez-vous après ce long week-end pour voir comment évoluera la situation dans nos établissements !