Compte-rendu CNESER sur la masterisation
Blog / Formation des maîtres- étudiantes : FAGE, UNEF, UNI et PDE
- enseignantes : SNESUP, UNSA, SGEN-CFDT, FO, SUD
Voici des extraits du compte-rendu de cette réunion (par F.-L. PICHARD) sur le point qui concerne la question de la masterisation de la formation des maîtres. Volontairement tous les échanges ont été rapportés.
- La Ministre présidera un CNESER plénier : sera celui du mois de mai ou celui du mois de juin.
- Des motions ont été transmises et vont être examinées en ouverture de CNESER.
Prise de parole de FO :
Bernard RETY (FO) : demande plus d’informations sur le CNESER plénier qui doit être réuni pour faire le point sur les réformes en cours et craint que ce débat n’ait lieu qu’après la promulgation des textes ou le passage en conseil des ministres… Nous n’aimerions pas un point d’information après décision mais bien un débat du CNESER.
Pouvez-vous assurer que ce CNESER aura lieu avant le passage du décret en conseil des ministres ?
Dans le même ordre d’idée, X. Darcos et V. Pécresse ont annoncé un groupe de travail sur la question de la masterisation et il semble que toutes les organisations n’ont pas été invitées à y participer et n’ont été reçues ni par Darcos ni par Pecresse.
Patrick Hetzel (P.H.) : V. Pécresse présidera un CNESER plénier mais je ne peux pas en donner la date. Sur le décret statutaire, il y a des discussions dans les instances concernées mais ce n’est pas le lieu en CNESER. Le CNESER plénier sera consacré aux projets en cours et qui sont du ressort du CNESER.
Sur les 3 groupes de travail (GT) (interministériels), le GT plus géré par le MESR est celui sur le contenu des formations. Il y aura également la commission Marois-Filâtre qui suivra le dossier de la masterisation. Le MESR veut des éléments précis qui permettront de construire les maquettes de formations. Par rapport à la composition des GT, P.H. prend acte et relayera au cabinet de la ministre.
SNESUP : Comment faire quand seulement quelques universités ont remonté des maquettes ? Sont-elles abandonnées ?
P.H. : Non ! Et d’ailleurs un certain nombre de présidents d’universités souhaitent les voir être soumises à l’habilitation pour un an.
SNESUP : Vous voulez dire que cela passera outre le système d’évaluation par l’AERES, etc. Vous annoncez cela alors que tout le système est en discussion !
P.H. : C’est un dispositif transitoire !
SNESUP : Vous prenez une responsabilité : il s’agit d’un message qui sera reçu avec beaucoup de colère et d’indignation par la communauté universitaire.
FAGE : Il est dommage de procéder à une habilitation à la va vite, alors qu’il était demandé de faire des navettes ; on est plus en moratoire qu’en année transitoire.
UNEF : L’information n’est pas précise ; en maintenant ces maquettes, on met en place différents systèmes de formation pour l’année transitoire, source d’inégalité entre les universités ; le cadre de formation doit être le même.
P.H. : Les règles édictées sont à terme l’obtention d’un master donc ce n’est pas un problème. Tout est inscrit dans un travail de fond… les maquettes intègrent les lignes directrices.
FAGE : Les lignes directrices ont été reconnues par tous comme insuffisantes : quelle place pour la pédagogie, le contenu disciplinaire, la recherche, les stages ?
P.H. : Les habilitations ne seront pas dans la durée. C’est permettre l’ouverture de masters pour un an.
SNESUP : Depuis la remontée des maquettes il y a eu des changements dans l’organisation des concours… Les maquettes ne sont pas/plus pertinentes. C’est, encore une fois, jouer les provocations.
P.H. : Vous portez un jugement avant de les avoir regardées. Vous focalisez sur le fait que le concours est maintenu en l’état… mais ces maquettes ne conduisent pas uniquement à un concours.
FAGE : Cela pose un problème de sécurité. C’est un peu comme si un fabricant automobile en train de construire un prototype dont les caractéristiques sont encore en cours d’élaboration décidait de commercialiser son véhicule sans que tous les tests (évaluation AERES, etc.) n’aient été effectués : cela pose un réel problème de sécurité pour l’étudiant !
P.H. : Vous parlez de sécurité, filons la métaphore : considérer qu’il y a un problème de sécurité, c’est un peu rapide. Il y a appui sur équipe pédagogique et de recherche. Je n’ai pas dit qu’il fallait les habiliter ! Mais les étudier.
Tous : Ah si, vous avez parlé d’habilitation pour 1 an !
SGEN-CFDT : Le CNESER n’est pas la place pour une simple étude → c’est plutôt le rôle des commissions !
Sinon, la circulaire Hetzel reste-t-elle valable malgré les différentes annonces des ministres ?
P.H. : il y aura des ajustements en lien avec les commissions prévues.
SNESUP : Des masters valables pour un an ? Or les universités demandent deux ans !
P.H. : Ce serait une habilitation pour un an… On habiliterait un M1 !
Tous : Mais on n’habilite pas un demi-master !
P.H. : oui mais on est dans une réflexion spécifique car on n’est pas dans le cas commun mais dans le transitoire…
On fera attention qu’il y ait une bonne articulation entre le M1 et le M2 pour ne pas perdre d’étudiants.
UNSA : Deux decrets ont mis le feu à l’université ! On pensait que ça allait se calmer or là vous remettez le feu à l’université : c’est une erreur politique GRAVE !
Vous avez remis le feu à l’université ; on était sur une autre direction, une autre pente.
P.H. : vous êtes donc contre la masterisation ?
SUD (Enseignant en botanique) : Mais ne faites pas la sourde oreille M. Hetzel ! On explique clairement qu’on n’est pas CONTRE ; ce n’est pas là le cœur du problème !
FO : Les masters sont impossibles à mettre en place mais il existe la possibilité de donner des équivalences
UNSA : il ne faut pas confondre les deux questions !
P.H. : on sera en concertation étroite avec les universités
SNESUP : Si le ministère souhaite habiliter même contre l’avis du CNESER et sans évaluation par l’AERES… Le CNESER n’a pas envie d’être manœuvré pour cette décision politique.
P.H. : il n’est pas question de manœuvrer…
Présentation des motions sur la mobilisation de la communauté universitaire
SNESUP : Le SNESUP lit sa motion (motion de l’intersyndicale)
Puis la parole est à l’UNSA :
UNSA : La motion FAGE, UNSA et SGEN-CFDT est la même en enlevant tout ce qui est manichéen !
(rires dans la salle)
Cette mobilisation a conduit le gouvernement à négocier. Néanmoins certains points méritent d'être clarifiés, d'autres doivent être réexaminés.
- Négociation du dispositif de formation et de recrutement des enseignants de 1er et 2nd degré.
- Restitution des emplois supprimés en 2009 pour l'enseignement supérieur et la recherche (autorisation de recrutement de fonctionnaire puisque le ministère affirme maintenir la masse salariale)
- Plan pluriannuel de création d'emplois de titulaires
- Négociation avec les organisations syndicales du système « SYMPA » d'allocation des moyens accompagné d'une augmentation substantielle de ces moyens.
- Arrêt du démantèlement des organismes de recherche et de la recherche publique.
Le CNESER fait toute confiance à la communauté universitaire pour mettre en oeuvre, le moment venu, les dispositifs localement les plus adaptés pour garantir à l'ensemble des étudiants la possibilité d'une juste évaluation maintenant la valeur des diplômes délivrés.
Le CNESER déplore l'utilisation croissante de toute forme de violence, en particulier celles liées à l'utilisation des forces de l'ordre.
Le CNESER interpelle le gouvernement pour qu'il entende sans délai les revendications portées largement par la communauté et apporte les solutions nécessaire à un apaisement dans les universités.
Le CNESER demande que soit communiquée rapidement la date du CNESER plénier annoncé le 31 mars.
P.H. : sur l’adaptation du contenu des épreuves, il faut être précis : une telle formulation est illégale ! On ne peut pas évaluer que sur les cours qui se sont effectivement tenus, mais sur le programme des maquettes de formation. Il existe une jurisprudence à Nantes datant de 2006 : les cours doivent être tenus ! (arrêt de la Cour d’appel)
Ce point là est illégal ! Pas le reste, mais ça oui !
SNESUP : on a reformulé : « examens ne doivent ne porter que sur les cours qui se sont effectivement tenus… »
P.H. : ça ne change rien.
P.H. : certains termes sont lourds : démantèlement, etc. De même j’ai déjà répondu pour le CNESER plénier.
Pour le calendrier des examens, il faut savoir que légalement il doit être annoté dans le premier mois suivant le début des cours, mais le calendrier peut glisser ! Les MCC - elles - sont figées.
UNSA : on ne veut pas proposer quelque-chose dans l’illégalité. Ce qu’on souhaitait dire c’est qu’il faut que le local gère sans décision nationale unilatérale qui ne soit pas adaptée au contexte.
UNI : il faut que tous les cours reprennent et que les examens portent sur le contenu des maquettes et non sur ce qui a été effectivement fait pour que les diplômes valent quelque-chose. Il faut que tous les moyens soient mis en œuvre pour rattraper le temps : cours le WE etc.
Concernant les violences, l’UNI a déposé une motion qui a été acceptée. Si les universités sont dans cet état c’est que les universités n’ont pas pris leurs responsabilités. L’UNI a demandé que l’évacuation se fasse par tous les moyens y compris l’intervention des forces de l’ordre.
SUD (enseignant en botanique) : je fais la grève et je ne rattraperai pas les cours. C’est comme un conducteur de train qui ne conduira pas 2 fois plus de train le lendemain !
Un autre enseignant : Avez-vous déclaré que vous faisiez grève ?
SUD (enseignant en botanique) : je dois faire 192h, point !
(protestations dans la salle)
SNESUP : Tout le monde souhaite que les cours reprennent mais l’attitude du MESR ne crée pas le contexte favorable.
Il y a une obligation de service qui ne doit pas être extrapolée (ex : tous les enseignants qui ont fait tous leur cours au premier semestre ne doivent plus rien en enseignement).
Des étudiants aussi font grève !
FAGE : Ils ne font pas grève, ce ne sont pas des travailleurs… certains se mobilisent, c’est différent !
SNESUP : Mais allez-vous me laisser parler ?!
UNEF : on a frisé des propos diffamatoires, je ne reviendrai pas là-dessus. Je préfère revenir sur le contenu de la motion…
On doit avoir uniquement des examens qui portent sur les enseignements effectivement tenus comme en 2006 lors du CPE.
P.H. : En 2006, la légalité de la tenue des examens a été vérifiée, via les recteurs.
UNEF : En 2006, à Montpellier III, il y a eu évaluation sur 3 semaines de cours et sans aucun souci à ce moment là !
P.H. : Je vais demander au recteur Christian Philip d’aller vérifier à Montpellier III et il faut que soit noté au PV que c’est à la demande de l’UNEF ! Vous allez vous y faire des amis !
SUD (enseignant en botanique) : Vous voulez dire qu’il faudra rattraper tous les cours ?
P.H. : Oui c’est cela.
SUD (enseignant en botanique) : On ne pourra pas rattraper je suis enseignant en botanique et le printemps sera passé…
(rires)
UNI : En 2006, il y a eu des cours en août.
P.H. : Sinon cela remet en cause tout le processus d’habilitation…
MEDEF : Nous voterons contre cette motion : nous voulons donc que la motion commence par « les organisation syndicales demandent… » et non « le CNESER demande… » .
Un enseignant : Tout cela conduit à un abandon massif et à une diminution des effectifs étudiants.
SNESUP : Nous sommes porteurs de propositions et c’est pour cela que nous nous mobilisons…
Pour répondre au MEDEF, nous sommes porteurs de projets nombreux : répartition des moyens, réductions de services pour les jeunes enseignants-chercheurs, etc.
Les propos tenus pas Nicolas Sarkozy sont inadmissibles quand il dit que les universitaires sont hostiles au changement.
Je suis heureuse de savoir que les habilitations définissent les moyens et que ça doit se vérifier…
FO : rejoint la position du SNESUP.
SNESUP : Le MEDEF a utilisé le terme d’organisation modérée ou non (en nous mettant dans la deuxième catégorie), or certains nous trouvent modérés ! La base nous pousse !
Il y a une remarque sur la légalité faite par le représentant du MESR (P.H.) mais cela devrait être accompagné d’un discours cohérent sur comment se mettent en place des dispositifs de rattrapage. Il nous faut pour cela la mise à disposition de moyens supplémentaires !
P.H. : certains enseignants auront en effet une retenue de salaire car ils se sont déclarés grévistes (et ont d’ailleurs continué leurs enseignements, ce qui est un signal fort envoyé).
Vous dites qu'il faut des moyens en plus pour organiser le rattrapage des cours ? Mais il y a eu le plan licence.
Un enseignant : Et sur la question des étudiants étrangers, où ça en est ?
P.H. : C’est une vraie problématique, surtout pour l’image de l’université à l’étranger ! Cela casse les efforts fait pour le rayonnement à l’international.
SUD (enseignant en botanique) : Je ne suis pas d’accord ! Il y a eu la reprise d’un texte contre le démantèlement du CNRS dans d’autres pays… donc au contraire les mouvements actuels participent au rayonnement de nos universités !
Les motions sont soumises au vote :
Motion SNESUP-UNEF :
CONTRE : 13 (UNI, PDE, FAGE)
POUR : 11 (UNEF)
ABSTENTION : 0.
La motion est rejetée.
Motion SGEN-UNSA-FAGE :
CONTRE : 6 (dont UNI et PDE qui n’a pas dit un mot pendant le débat)
POUR : 8 (FAGE)
ABSTENTION : 11 (UNEF).
La motion est adoptée.
L’examen de l’ODJ prévu ne se sera entamé qu’à 12h00.


